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Le Conservatoire de Toulouse et celui de l’Aveyron se sont unis pour présenter la Messe en Si mineur de Jean-Sébastien Bach. Quatre solistes, vingt-cinq musiciens issus de l’Orchestre Symphonique du Conservatoire de Toulouse et les quatre-vingts choristes des deux conservatoires, sont placés sous la baguette de Rolandas Muleika.

L’œuvre >

Bach le luthérien aurait-il écrit une « Grosse katholische Messe » en latin comme le men¬tionne le catalogue de K.P.E. Bach? La composition de cette oeuvre s’étale sur 25 ans. Son ampleur inhabituelle (plus de 90’ de musique) souligne qu’elle ne peut être destinée à être intégrée au culte. D’un point de vue religieux, le choix du latin n’est pas très significatif. Luther admettait en effet son usage dans les grandes métropoles. Mais que dire du Credo et du « Je crois en l’Eglise, une, sainte catholique et apostolique » ? Cette prière était généra¬lement remplacée par le choral Wir glauben all an einen Gott ou chantée choraliter (de façon monodique) par les luthériens. Bach respecte aussi le texte de l’église Romaine : « Agnus Dei qui tollis peccata mundi » (Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde), alors que les protestants voient le Christ porter ces péchés. C’est exactement ce que chante la voix de soprano qui se superpose au double effectif du début de la Passion Saint-Matthieu ou ce qu’illustre le N°21 de l’Orgelbüchlein et cela correspond tout à fait à ce qu’écrit Nicolas Decius vers 1519 (théologien lié aux débuts de la Réforme). Ces modifications sont d’au¬tant plus troublantes de la part de Bach, que c’est en Saxe, sur la porte de l’église de Wittenberg, que Luther affiche le 31 octobre 1517, 95 thèses où il dénonce les scandales de l’Église de son temps. Bach aurait-il écrit cet opus pour plaire à l’électeur de Saxe ? Ce luthérien élu roi de Pologne par la diète polonaise a embrassé à cette occasion la foi catholique. Mais seuls le Kyrie et le Gloria lui ont été dédiés en 1737. Et on voit mal Bach trahir sa foi par ambition.

Le portrait de cette messe devient plus complexe et subtil lorsqu’on réalise qu’elle repose sur le principe de la « parodie ». En effet, la plupart des morceaux qui la constituent sont issus de cantates destinées au culte réformé, cette matière ayant été réorganisée, remodelée, grâce à une exceptionnelle virtuosité d’écriture. Souvenons-nous que « Les pères conci¬liaires du IVe siècle, en rédigeant le texte grec original du Credo, se sont servi du terme Catholique (Katholikèn ekklesian), qui veut dire universel. « Universel, ouvert à toutes les races de la terre… » En ce sens, la Messe n’est-elle pas un sommet de catholicisme ?

Sophie Zadikian, professeur d’histoire des arts au CRR de Toulouse.

 

Rolandas MULEIKA, chef d'orchestre >

Chef de choeur et chef d’orchestre, Rolandas Muleika est passionné de musique vocale. Très jeune, il chante dans la Maîtrise de Vilnius en Lituanie et son premier maître, Vytautas Miskinis, lui fait découvrir la direction de choeur. Il fonde son premier ensemble à 14 ans et s’oriente vers les musiques anciennes. Il entre à 22 ans au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où il apprend la direction d’orchestre. Il rencontre un des plus grands chefs d’orchestre du XXe siècle, Sergiu Celibidache avec qui il approfondit sa démarche artistique. En 1996, il fonde l’ensemble Antiphona. Entouré de jeunes artistes nationaux et internationaux, il met en lumière avec pas¬sion et talent, dans le respect stylistique et esthétique qui s’impose, un répertoire vocal et instrumental qui couvre plusieurs siècles de musique d’un patrimoine mondial inédit ou peu connu.

Elodie FONNARD, soprano >

Pianiste de formation, Élodie Fonnard a étudié le chant au conservatoire de Caen avec Luc Coadou puis auprès d’Alain Buet. Elle est diplômée du CRR de Paris en musique ancienne. Révélée par William Christie en 2011 avec qui elle se produit désormais en récital, elle chante sur la scène baroque internationale notamment avec les Arts Florissants et dans de nombreux opéras.

Anne MAUGARD, alto >

Parallèlement à des études de piano, de clavecin et de musicologie, Anne Maugard a étudié le chant en France et en Italie. Sa voix de mezzo-soprano à la vocalise facile la conduit à interpréter les rôles de nombreux opéras Elle poursuit une carrière internationale et a participé à l’enregistrement de la Messe en Si chez Quantum Classic en 2016.

Vincent LIÈVRE-PICARD, ténor >

Vincent Lièvre-Picard a étudié dans les conservatoires de Tours et de Paris, puis au Conservatoire Supérieur. Il obtient dans ces trois maisons des distinctions en chant lyrique et en musique ancienne. Il interprète des opéras de Charpentier, Rameau, Mozart, Haydn, Offenbach et Carl Orff. Sa discographie comprend une trentaine de titres.

Christophe GAUTIER, basse >

Christophe Gautier a validé ses diplômes aux conservatoires de Caen et du Val-de-Marne en écriture, trompette, direction, histoire de la musique, tuba, analyse, musique d’ensemble, musique ancienne et chant. Il participe en soliste à de nombreuses productions au sein d’ensemble prestigieux comme Le Parlement de Musique, A Sei Voci, Les Arts Florissants…